
INTRODUCTION :
Un site rocheux est, aux yeux d'un grand nombre, un milieu naturel purement minéral, donc peu propice à la vie. Autant une très large majorité de grimpeurs et grimpeuses sont sensibles à leur environnement et respectueux de la propreté des sites, autant notre passion pour l'escalade nous conforte souvent dans cette idée éronnée que la grimpe ne peut nuire aux espèces animales et/ou végétales puisque le rocher semble être un désert minéral miniature.
Pourtant, une faune et une flore adaptées à cet environnement spécifique existent sur ces sites.
Il est vrai que la biodiversité y est assez faible, et c'est la raison pour laquelle nous nous devons de prêter attention aux rares hôtes de ces lieux. Nul doute qu'en savoir un peu plus sur ces bestioles rendra les dérangements moins nombreux et le respect plus grand.
LES OISEAUX des sites rupestres :
C'est qui ?
C’est un rapace de taille moyenne (50 centimètres de long pour 1 mètre d'envergure) au dos sombre et au ventre blanc rayé de noir.
Menacé?
Devenu extrêmement rare suite à l'utilisation de pesticides (en particulier le DDT) qui réduisaient l'épaisseur de la coquille des oeufs -les rendant ainsi très fragiles-, le faucon pèlerin est inscrit sur la liste rouge des espèces menacées en Auvergne, en catégorie "vulnérable".
Le faucon pèlerin bougnat et les sites rocheux :
La totalité des sites de nidification sont des sites rocheux allant d'un ensemble de blocs aux grandes falaises. Il recherche une anfractuosité ou un replat pour installer son nid appelé « aire ».
Il adopte des sites rocheux de plaine à 200 mètres d'altitude jusqu'à des sites situés à 1200 mètres d'altitude.
Le faucon pèlerin et les grimpeurs :
Si vous grimpez non loin de son site de nidification, il vous le fera savoir très probablement par des vols agressifs et des cris ... Cela pourra vous faire sourire, mais ce sera surtout une invitation à partir...
Des chiffres en 2009 :
Allier : 1 couple.
Puy-de-Dôme : 13 couples
Haute-Loire : 17 couples
Cantal : 38 couples
Soit 69 couples pour l'ensemble de l'Auvergne.
27 couples sur ces 69 se sont reproduits en 2009, ce qui montre une reproduction relativement fragile.
Cette espèce nécessite une attention toute particulière de la part des grimpeurs et des grimpeuses afin de la voir encore sur nos rochers.

C'est qui ?
Le plus grand rapace nocturne d'Europe (70 cm de haut, jusqu'à 1,80 mètres d'envergure).
Plumage jaune rayé de flammes noires.
Menacé ?
Le grand-duc est inscrit sur la liste rouge des espèces menacées d'Auvergne, en catégorie "rare".
L'espèce a frôlé l'extinction dans toute l'Europe au XXième siècle, suite à sa destruction systématique par l'Homme. Il est protégé en France depuis 1972.
Le grand-duc bougnat et les sites rocheux :
La très grande majorité des sites de nidification sont sur des sites rocheux de toute taille. De très rares cas de nidification au sol ont été signalés (sans doute associés à un dérangement sur le site rocheux voisin).
Il adopte des sites rocheux de plaine à 200 mètres d'altitude jusqu'à des sites situés à 1200 mètres d'altitude.
La période de reproduction de ce grand hibou est une des plus longues de l’avifaune : elle s’étale de novembre (période des chants territoriaux) à fin juillet (début de l’émancipation des jeunes), soit neuf mois voire davantage… Neuf mois durant lesquels les grimpeurs sont susceptibles de nuire au bon déroulement de la reproduction de ce rapace.
Le grand-duc d’Europe et les grimpeurs :
Si vous grimpez à son voisinage, il se pourrait que vous ne le remarquiez pas. Non seulement le grand-duc est passé maître dans l'art du camouflage diurne, mais en outre, son envol et son vol se réalisent sans aucun bruit. En effet, les premières plumes qui fendent l'air sur l'avant de l'aile sont pourvues de barbules qui empêchent l'émission de bruit.
Si vous dérangez ce beau rapace, là encore, il est souhaitable de quitter les lieux, et c’est souvent déjà trop tard : le dérangement d’une femelle en train de couver se solde toujours par l’abandon des œufs… Si les jeunes sont déjà nés, il reste quelques chances que les adultes poursuivent le nourrissage des jeunes hiboux si une tranquillité durable fait suite au dérangement.
Des chiffres en 2009 :
Il est difficile de comptabiliser le nombre exact de couples, car, d’une part, le suivi est peu évident (espèce nocturne, ô combien discrète), et certains sites rocheux sont, selon les années, occupés par un adulte, deux adultes ou non occupés… Il est donc plus fiable de comptabiliser le nombre de sites rocheux occupés que le nombre de couples.
Allier : environ 20 sites occupés.
Puy-de-Dôme : 80 à 100 sites occupés. (88 sites occupés depuis 2001)
Haute-Loire : 90 à 100 sites occupés.
Cantal : 40 à 50 sites occupés.
La présence d’un couple sur un site rocheux ne présume pas forcément d’une reproduction. En 2009, seuls 25% des couples ont donné naissance à des jeunes. En outre, le nombre moyen de jeunes tourne autour de 1,4 à 1,8 par couple.
L’Auvergne constitue un réservoir pour la colonisation des régions voisines. A nous grimpeurs, d’assurer le bon déroulement de la reproduction du grand-duc en sachant quitter un site rocheux si nous avons vu ce grand rapace.
Les autres occupants des sites rocheux :

Moins vulnérable que les deux précédents, le plus grand corvidé de France (de la taille d’une buse variable) a fait l’objet d’une protection sur le site de la Volpie. Il niche lui aussi sur les sites rocheux. Il est très rare dans l’Allier, et bien représenté dans les 3 autres départements de la région Auvergne.

Chères grimpeuses, voici un beau brun,
aux yeux bleus (et oui !), légèrement grisonnant !
Cette espèce apprécie les ruines, les falaises
et se rencontre dans toute l’Auvergne.

Vous pourrez croiser cet oiseau montagnard dans les Monts du Cantal, dans le Mézenc et le Sancy où il niche. En hiver, il descend vers les vallées, mais toujours en quête de sites rocheux. Il est à noter une arrivée hivernale d’accenteurs alpins non auvergnats très régulièrement.
Une toute petite dizaine de couples niche dans nos massifs arvernes toujours dans une anfractuosité de roche. Ce chiffre nous demande donc de le laisser vivre sa reproduction tranquillement afin de voir ses effectifs augmenter.
Et à part les oiseaux, qui peut-on croiser aux abords de nos sites rocheux arvernes ?
Des mammifères : chamois, hermines, mouflons, marmottes, …


Des squamates (on n’a plus le droit de dire « reptiles »… C'est presque la même chose mais c'est un peu long à expliquer...) : vipères, couleuvres, lézards…

Des plantes : des plus communes aux plus rares, ces hôtes là n'ont pas la capacité de fuir. Il faut donc éviter de piétiner ces plantes, car, en dehors d'être un fervent botaniste, c'est la seule façon de ne pas détruire une espèce vulnérable voire très rare.

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Gentiane Pneumonanthe : Assez commune. Pas de protection particulière. (photo, secteur Val de Courre) |
Soldanelle alpine : Espèce exceptionnellement rencontrée, effectif très faible, uniquement dans le massif du Sancy. Liste rouge régionale (espèce prioritaire). (photo, secteur du Cuzeau) |

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Lis martagon : Assez commun Liste Rouge Régionale (espèce à surveiller) (en arrière plan, le site d’escalade) |
Meconopsis pavot jaune: Assez rare. Liste rouge régionale (espèce prioritaire) (photo au pied de la Dent de la Rancune) |